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Kérity la maison des contes

Kérity la maison des contes, Dominique Monféry, France, 2009, 1h20

La séquence de départ du film Kérity, la maison des contes permet d’illustrer la façon dont le cinéma utilise les mouvements de caméra pour faire ressentir aux spectateurs les effets de grandeurs. Ici, les zooms et dézooms servent à représenter la distance qu’il reste à parcourir, la petitesse des personnages dans le monde des humains et l’éloignement des lieux rassurants comme la maison. Ces effets visuels permettent de montrer aux spectateurs les différences d’échelles entre eux et le monde qui les entoure. Le trajet devient ici une véritable expédition : les brins d’herbe se changent en une immense forêt, et chaque élément du décor semble gigantesque. Ce changement d’échelle transforme complètement la perception du monde, en faisant passer un environnement familier vers une réalité nouvelle, à la fois fascinante et inquiétante. Ce sentiment est renforcé par l’apparition d’un bruit menaçant qui introduit la notion de danger et accentue la tension. Enfin, la transition entre une musique douce et des bruits d’effort met en évidence la difficulté des personnages à se déplacer dans cet univers devenu immense. Cette séquence joue sur le regard et la mise en scène pour transformer le quotidien en une aventure hors de l’ordinaire.

BONUS

Bonus Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary

Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary, Rémi Chayé, France, 2020, 1h22

À l’inverse de Kérity, la maison des contes, la séquence de départ dans Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary propose une vision plus lumineuse du départ. Les plans larges et le dézoom mettent en valeur l’immensité du paysage, non pour souligner la petitesse des personnages, mais pour traduire son désir d’émancipation et d’aventure. L’environnement, loin d’être menaçant, devient un espace d’ouverture et de liberté. La musique, rythmée et joyeuse, accompagne ce mouvement avec optimisme, accentuant l’idée d’un départ choisi et porteur d’espoir. Ainsi, bien que les deux films utilisent des procédés similaires, comme les jeux d’échelle, zooms et dézooms, grands espaces; ils en tirent des émotions différentes : Kérity transforme le monde en un lieu inquiétant et démesuré, tandis que Calamity en fait un espace de liberté.