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E.T. l’extra-terrestre

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E.T. l’extraterrestre, Steven Spielberg, Etats-Unis, 1982, 1h50

La séquence de la rencontre entre Elliot et E.T. dans le film de Spielberg illustre aussi comment, grâce au son et à la mise en scène, le cinéma peut représenter une scène de rencontre et faire apparaître le fantastique dans l’ordinaire. Ici, la bande sonore mélange des sons du quotidien, de la nuit, avec une musique qui annonce une atmosphère mystérieuse. Cette musique introduit un décalage, un déplacement de la réalité. En plus de l’ambiance sonore, le contre-jour dans lequel se trouve E.T. crée un mystère autour de cet être : on ne distingue que sa silhouette s’avançant dans la lumière, sans percevoir nettement ses traits. À l’inverse, Eliot est filmé avec des gros plans qui permettent au spectateur de voir ses émotions. Ainsi, la musique et le traitement de la lumière dans cette séquence montre comment le cinéma peut créer un cadre pour introduire l’apparition de l’extraordinaire dans l’ordinaire.

 

BONUS

Bonus :mon voisin totoro

Mon voisin Totoro, de Hayao Miyazaki, Japon, 1988, 1h27

Dans Mon Voisin Totoro, la rencontre entre Mei et la créature est progressive : curieuse et sans peur, la petite fille découvre le gardien de la forêt endormi. L’apparence de Totoro nous est d’abord divulguée à hauteur d’enfant, avant qu’un plan large ne révèle l’immensité de son corps. Leur complicité naît à travers une communication orale, après que Mei a grimpé sur le ventre de son hôte : le gardien de la forêt pousse un immense cri, et elle l’imite aussitôt en hurlant à son tour.

À l’inverse, l’arrivée d’E.T. face à Elliot est bien plus mystérieuse et fragmentée. Alors que l’extra-terrestre s’approche pas à pas dans l’obscurité, le garçon ne distingue d’abord qu’une silhouette énigmatique, avant qu’il ne soit pleinement mis en lumière par la lampe torche. Terrifié au premier abord, l’enfant s’apaise lorsque le visiteur dépose délicatement des friandises sur sa couverture, créant alors un premier lien de confiance entre les personnages.

Ces deux extraits explorent la rencontre fortuite entre l’enfance et le fantastique. Hayao Miyazaki choisit une approche directe et amusante, tandis que Steven Spielberg joue avec les codes du suspense en installant une distance liée à la peur, qu’il désamorce par un instant de partage. Dans les deux cas, le langage du corps suffit à créer une complicité entre les personnages.